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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

Les adaptations de BD franco-belge par le cinéma français : c'est quoi le problème ? (2nde Partie)

Alors bien sûr, il y a bien eu des co-productions européennes pour donner vie à différentes adaptations comme les kitchissimes mais sympathiques productions live autour de Tintin («Tintin et le Mystère de la Toison d'Or» et «Tintin et les oranges bleues», dans lequel apparaît d'ailleurs l'immense Jean Bouise, sous la barbe et la casquette du capitaine Haddock), d'autres films animés autour de Tintin toujours mais aussi Les Schtroumpfs, Astérix ou encore Lucky Luke. Malgré un certain succès de ces productions, il a fallu attendre quelques années pour voir le cinéma s'emparer avec force moyens des différents titres phares du 9ème art.

Passons rapidement sur les piteuses tentatives d'adaptation de Gaston Lagaffe (sans l'accord de Franquin, avec donc interdiction d'employer les vrais noms de la BD, ce qui donnera le film «Fais gaffe à la gaffe» de Paul Boujenah) et celle des Bidochon, pour se téléporter à la fin des années 90 et l'arrivée sur grand écran de «Astérix et Obélix contre César» de Claude Zidi. Large co-production européenne chapeautée par Claude Berri, acteurs connus pour tous les rôles, effets spéciaux numériques, décors gigantesques et gros carton au box-office à la clé. Suivront trois suites live, au succès et à la qualité fluctuants, sous la houlette de producteurs différents (Berri pour le film de Chabat, Thomas Langmann pour son propre film et Fidélité Films pour le dernier en date). Reste que la mode était lancée et on va donc voir déferler petit à petit plein d'adaptations, dans divers genres, avec différentes approches.

 

Pêle-mêle, on pense à «Blueberry», «Les chevaliers du ciel», «Largo Winch», «Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec», «Joséphine», «Boule et Bill», «L'enquête corse», «Lou, journal intime», «Le Petit Nicolas», «Les Profs», "Tamara", «L'élève Ducobu» jusqu'à cette année avec «Valérian», «Seuls» et «Le Petit Spirou» (en attendant les films sur Gaston et Spirou, dont les premières images n'inspirent pas vraiment confiance).

Bon, au milieu de tout ça, on trouve quelques trucs un peu honteux et bien caché comme l'adaptation de «Benoît Brisefer et les Taxis Rouges», lourdé en lousdé à Noël 2014, malgré la présence de Gérard Jugnot et de Jean Reno au casting mais aussi ses 9 millions d'euros de budget (pour 120 000 spectateurs en 2 semaines) ou encore «L'avion», adaptation de l'excellente série «Charly», série ouvertement fantastique et genresque, aspect bien sûr copieusement absent de sa version cinéma (d'où la question, pourquoi adapter une série de genre pour en faire un trip auteuriste ?).

 

Alors la question reste : pourquoi aucune adaptation vraiment satisfaisante ?

 

Déjà, il y a le fait que la plupart des BD franco-belge, et j'entends par là les classiques, sont des BD basées sur des gags en une planche. Les personnages sont la plupart du temps unidimensionnels, clichés et peu développés (cette tendance a disparu avec les séries de ce type plus récentes) et il faut donc arriver à faire exister les personnages à un autre niveau quand on passe de la planche à l'écran. Quant aux histoires dites complètes, elles ne s'étalent que sur 46 planches voire 52 parfois, insuffisant pour en tirer un film d'au minimum 1h30, y compris à destination d'un public enfantin (largement privilégié ces dernières années par les producteurs).

 

Ce qui donne une dérive assez irritante. Pour les costards-cravate de la production, ce sont des BD donc c'est pour les mioches donc on va mettre plein de gags débiles à base de vomi et de prouts et ça fera rire les gosses ! Pour le respect du spectateur, on repassera. Sans oublier le fait que cet art reste encore largement méprisé par son aîné.

Vous les sentez les futures trahisons à des BD cultes ?

Ensuite, on pourra dire que se pose également la question du choix des hommes. Alors certes, Besson est un super cinéaste hyper visuel mais il lui a tout de même manqué de meilleurs scénaristes pour faire de ses œuvres des incontournables, et aussi un meilleur sens du casting (Louise Bourgoin prise parce qu'elle était à la mode à l'époque, Cara Delvingne prise à cause de ses millions de followers sur Instagram, Dane De Haan clairement pas fait pour le rôle). Jan Kounen est pétri de talent mais pour faire Blueberry, il fallait plutôt un type attaché à faire un vrai western plutôt qu'un trip chamanique (grande marotte de Kounen). Quant à Christophe Gans, il n'a jamais réussi à faire aboutir ses projets de Bob Morane (avec Vincent Cassel, même si c'est un héros de roman à la base, il a surtout été popularisé en BD dans l'hébdo Tintin) et Rahan (avec Mark Dacascos).

 

Du coup, on se rend compte que c'est qu'il manque à ces adaptations, ce sont de vrais créateurs visuels (la plupart des réalisateurs en charge de ces adaptations sont de sympathiques faiseurs au mieux, des fonctionnaires de la comédie le plus souvent) et qui n'ont parfois aucune connaissance de la BD de base (et quand c'est le cas, il arrive qu'ils la prennent de haut ou bien décident d'en retirer tout ce qui en fait sa spécificité).

 

Autre écueil s'agissant du choix des hommes, il s'agit donc des acteurs tout simplement. D'une manière générale, j'ai l'impression que les "stars" françaises à qui on attribue les rôles ont vraiment du mal à mettre leur égo de côté. Quand je vois la bande-annonce de "Spirou et Fantasio", je ne retrouve tout simplement la personnalité des héros de la BD mais plutôt le fait de voir Ramzy Bédia, Alex Lutz, Géraldine Nakkache ou bien Thomas Sollivères qui se déguisent en héros de BD mais qui font leur sketch habituel. Et c'est pareil avec la plupart des autres adaptations, les acteurs ne s'adaptent pas à leurs rôles. Si Dujardin avait la dégaine de Lucky Luke, il n'en avait ni l'esprit ni la philosophie, le jeu sur les codes de la BD étant un échec. C'est l'autre écueil je trouve des adaptations BD en général : on veut absolument reproduire à l'identique le look, l'univers visuel de la BD sans jamais se rendre compte que ça ne colle pas avec une représentation "réaliste". Alors, je comprends bien que c'est pour éviter le courroux des fans mais dire qu'une adaptation est ratée car la couleur du pull n'est pas bonne ou que la voiture n'a pas tous les détails que l'on retrouvait en dessin, c'est vraiment le degré zéro de la critique. Et dire qu'on a fait une bonne adaptation parce qu'on a respecté le code couleurs des costumes, c'est le degré zéro de l'adaptation. Avoir des costumes réussis dans un film, ça fait juste une belle réunion de cosplayeurs qui se filment. 

 

Personnellement, je m'en fous complètement que Spirou porte son costume de groom, que Lagaffe ai un pull du vert de la bonne nuance, que la mèche de Lucky Luke pende du bon côté, que l'élève Ducobu soit aussi joufflu, que la moustache d'Astérix ai la bonne longueur ou autres détails insignifiant, ce qui compte, c'est l'esprit, l'essence, le caractère du personnage. Ainsi, le Tintin incarné par l'inconnu Jean-Pierre Talbot dans les nanars des 60's était très proche de son double de papier, bien plus que celui du film de Spielberg (même si le film est une tuerie visuelle). On le voit, ça ne fait pour autant un bon film, mais ça tient aussi à un scénario mal fichu, un rythme trop mou et un esprit trop tourné vers la pantalonnade.

 

Alors certes, il y a bien eu de bonnes adaptations (rarement), on trouve parfois de bonne intentions et des idées plutôt sympas à la base mais on a surtout l'impression d'un grand gâchis, de certaines occasions manquées et le fan de BD de se consoler en relisant les grands classiques et en espérant des lendemains meilleurs. Et surtout de bons albums !

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