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This is my movies

This is my movies

Critiques de films, dossiers, box-office.

Independance Day : Resurgence

Résumé : il y a 20 ans, les Etats-Unis ont sauvé le monde grâce à une poignée d'hommes courageux, qui, galvanisés par le puissant discours du président Whitmore, ont abattu un vaisseau extraterrestre venu détruire la Terre. De nos jours, après avoir exploité la technologie futuriste des anciens envahisseurs, l'espèce humaine s'est rassemblé et a organisé une large ligne de défense. Prenant la suite de son père, le capitaine Hiller mène la flotte d'élite de cette armée mondiale qui a pour base principale la Lune. Mais la Reine Mère de cette civilisation belliqueuse entend bien se venger. Et bientôt, un vaisseau de 5 000 km de large se dirige vers la Terre. Une nouvelle bataille commence.

 

Critique : bon, franchement, je ne pensais pas vraiment chroniquer ce film qui mérite à peine qu'on s'y attarde plus de dix secondes. Seulement voilà, il est pour moi complètement symptomatique de la façon qu'ont les studios de concevoir actuellement un film. Faire la suite d'un film sortit il y a 20 ans est en soi une idée racoleuse, les chances de succès demeurent élevées. En effet, on a pu le constater récemment avec le renouveau de certaines marques telles que "Star Wars" "Jurassic Park", "Mad Max" voire même "Indiana Jones". Les films ne sont pas tous des chefs d'oeuvre mais ils font causer, vendre, trépigner et réagir. Du coup, les studios, toujours en quête de succès facile en ces temps où le spectateur n'est plus aussi curieux qu'avant (en dépit d'une offre pléthorique), trifouillent leur catalogue de succès passés et ressortent parfois avec des idées un peu farfelues mais bon, plus c'est gros...

Gros succès planétaire en 1996, "Independance Day" avait mis en lumière le cinéaste allemand Roland Emmerich, auparavant sympathique faiseur de série B ("Universal Soldier" et "Stargate"), le bonhomme était ensuite devenu le nouveau chantre du blockbuster et enchaînait les films de destruction massive, jusqu'à atteindre son nirvana, son pinacle, son fantasme ultime avec "2012". Depuis, le bonhomme se cherche un peu, a tâté du cinéma indépendant histoire de se racheter une réputation ("Anonymous" et  "Stonewall") puis il s'est mangé un four colossal avec son "White House down". Du coup, le voilà plus ou moins contraint de remettre le couvert avec une suite qui aurait normalement dû voir le jour juste après le succès de 1996 mais Hollywood étant ce qu'il est, le projet ne décolla vraiment qu'en 2014

 

Alors évidemment, les idées pour cette suite ne manquaient pas à la base et on retrouve certaines d'entre elles dans le film. Mais le film ayant été finalisé récemment, il comporte tous les défauts d'écriture d'aujourd'hui ainsi qu'un racolage XXL qui vise à assurer à la Fox un succès rapide. Car oui, si le film de 1996 était un objet patriotique bien ronflant et un peu crétin, il n'en restait pas moins un film spectaculaire, parfois novateur dans ses effet visuels, diablement bien rythmé, caractérisant rapidement ses personnages, développant correctement ses arcs narratifs et maîtrisant son rythme. Bref, autant de qualités qui ne se retrouveront jamais ici, tout étant sacrifié sur l'autel d'une narration expéditive.

Même mal dirigés et en faisant le minimum syndical, ces 2 papis restent 1000 fois plus charismatiques que les deux têtards plus bas !

Quand on repense au film original, on se souvient de Will Smith, de son duo improbable avec Jeff Goldblum, du président badass qui prend la tête de la flotte de chasseurs, de séquences de destruction massive impressionnantes et de tout un tas d'autres petits détails qui en font un souvenir parfois rafraîchissant et un divertissement plus que potable. Et bien, non seulement le film de 2016 jette aux orties ses acquis mais en plus, il n'arrive jamais à surfer sur la nostalgie du précédent opus. Cela pourrait être bien, après tout, c'est juste du grand n'importe quoi de bout en bout. Will Smith demandant un salaire de 50 M$ pour les deux films prévus, il a été éjecter du projet, préférant s'engager sur "Suicide Squad" (autre purge visuelle et narrative de 2016) afin de relancer une carrière qui bat de l'aile. Jeff Goldblum avait le choix entre ce film et "Jurassic World", il choisira bien évidemment ce projet ci car il a vraiment le don de choisir le bon projet (depuis, il a finalement choisit d'apparaître dans "Jurassic World 2"). Bill Pullman était porté disparu depuis une bonne décennie et demie, il revient avec une barbe et une coupe hirsute en président traumatisé qui a d'affreuses migraines. Le docteur fou est finalement conservé par le scénario de ce film, après avoir vu son sort resté dans l'expactative en 1996 tandis que le père du personnage de Goldblum revient lui aussi, on ne sait pas trop pourquoi, mais on lui confie encore le rôle du sidekick excentrique qui vivra son aventure dans son coin. Enfin, Vivica A. Fox, la femme de Will Smith en 1996, elle passe de danseuse exotique à médecin urgentiste (America, fuck yeah !!!) dans un rôle qui tient plus du caméo qu'autre chose. Et comme en on est en 2016, le studio a en réserve tout un tas de minets et de minettes sans charisme mais qui vont se tailler la part du lion au niveau des intrigues. Oh oui, ça sent bon tout ça.

 

Le fils de Hiller est campé par un inconnu qui le restera sans doute, un type sans charisme ni talent qui tente de nous faire croire qu'il gère comme un as, qui roule des mécaniques comme un bon kéké de base mais le scénario fait de lui un type capricieux et nommé uniquement grâce à son nom de famille. Face à lui, Liam Hemsworth est un peu moins nul et inutile que dans les "Hunger Games" et "Expendables 2" mais il reste loin, très loin du niveau de son frangin (Thor dans l'univers Marvel mais une carrière à côté de ses films-là qui prend forme et qui se révèle plutôt intéressante) tandis que la très mignonne Maika Monroe, pourtant géniale dans "It follows" et "The guest", est ici une cruche qui joue faux, peinant à nous faire croire à son rôle de fille de président/pilote hors pair, pivot d'un triangle amoureux qui ne sera jamais développé correctement tandis que Charlotte Gainsbourg, qui avait refusé "Terminator : Salvation" parce qu'elle trouvait le scénario nul, a dû trouver celui-ci bien plus convaincant puisqu'elle vient apporter son expérience de grande actrice toucher un bon gros chèque, le tout aux côtés d'acteurs perdus dans des rôles clichés au possible (mention spéciale au sidekick exaspérant, qu'on a envie de voir mourir à l'écran au bout de 25 secondes et qui reste jusqu'au bout, jamais drôle, toujours embarrassant).

Visage figé pour exprimer la colère/la honte/la défiance.

L'histoire de base est intéressante et promettait un spectacle pyrotechnique bluffant, accrocheur. Il n'en est rien et pourtant, le film ne ménage pas ses efforts pour nous divertir puisqu'il enchaîne un nombre incroyable de péripéties, de séquences d'action et d'émotions que ça en devient juste gavant. Le hic, c'est que les passages censés nous émouvoir sont trop nombreux et, paradoxalement, jamais développés pour nous impliquer suffisamment dans cette histoire qui ne tient pas debout (un vaisseau de 5 000 km de diamètre est passé inaperçu malgré la surveillance étroite de l'armée mondiale. 5 000 km de diamètre, c'est la taille des USA de la côte Est à la côte Ouest. Et aucun foutu radar de l'espace n'a vu cette grosse tâche noire qui approche. Nos impôts sont vraiment bien dépensés !) et qui enfile les péripéties à une telle allure qu'on se contente juste de s'assoeir et de s'abrutir. Un personnage perd sa mère (qui sauve au passage un autre personnage qu'on ne reverra plus jamais après), il pleure deux secondes et repart au combat. Un autre personnage perd sa mère à Londres, une tape sur l'épaule et on continue l'aventure. Un groupe de quatre gamins vient de perdre toute sa famille et erre en voiture au milieu des réfugiés, un petit vieux les prend sous son aile, on arrête de chouiner et on se bouge le cul en fonçant au milieu du désert en plein milieu d'une grosse bataille. La présidente et toute son équipe meurt dans le bunker, 10 secondes après, le remplaçant est nommé et on repart joyeusement à la guerre. Un personnage se sacrifie héroïquement, ça n'a servi à rien vu que la Reine a survécu et qu'on a encore droit à une séquence de 15 minutes qui permet de décimer les rares survivants de la flotte sauf sa fille, qui ne servira pas plus à quelque chose. Narrativement, malgré le crédit de 5 scénariste principaux, le film est un bordel sans nom, qui ne développe jamais correctement ses personnages, empile les péripéties pour masquer ce vide, fonce tout droit et ne met en valeur ni ses séquences d'action ni son histoire. Par contre, le film prend un temps fou à nous raconter le décryptage du langage des aliens, prétexte à nous vendre le 3ème volet. Et c'est là où la bât blesse actuellement.

 

Les blockbusters actuels sont des bandes-annonces géantes pour le film suivant. On se fout des personnages interchangeables qui occupent le centre de l'action, seul compte l'épisode suivant, d'accrocher le spectateur en lui disant "Eh, on a prévu un truc encore plus énorme pour la suite". Mais bon sang, fait en sorte que j'ai envie de la voir ta suite en faisant un film intéressant, avec des vrais persos et une intrigue qui tient la route ! Là, j'ai juste eu la sensation de perdre mon temps durant deux heures devant un spectacle navrant, crétin, jamais stimulant, jamais vibrant, jamais emballant. Le film original reste gravé dans ma mémoire à travers plusieurs séquences cultes, mises en valeur par une narration équilibrée, là, j'ai vu des séquences d'effets spéciaux qui ont dû demander aux équipes un boulot monstre, accomplit avec sans doute beaucoup d'application, mais jamais mis en valeur par l'histoire. Sans parler du racolage du marché chinois (qui dure 45 minutes avant de passer à un film qui se concentre exclusivement sur les persos US) ou bien des influences tellement multiples qu'on ne sait même plus si c'est Michael Bay, Tony Scott, Roland Emmerich ou un type nommé au hasard par le studio qui a fait le film. Il n'y juste rien à sauver au niveau de la mise en scène, charcutée par un montage trop rapide, qui ne met jamais en valeur ses plans, qui ne crée rien d'autre que du vide intersidéral, recyclant tout ce qu'on a vu depuis 20 ans. 

Une ville détruite, on ne sait pas laquelle et on s'en fout pas mal au final. Triste, non ?

Et que dire de la fin, qui sert juste à teaser un 3ème film qui verra peut-être le jour grâce au marché chinois (75 M$ de recettes là-bas, 29ème plus gros succès de l'année). Quoiqu'il en soit, ça sera sans moi, tellement ce genre de produit finit par écoeurer. Ce n'est même plus du cinéma de divertissement, c'est juste du gavage et je n'aime pas avoir la nausée.

 

Le plus triste étant de constater qu'en dépit de tous ses défauts, ce film aura rapporté plus d'argent que bon nombre d'autres projets, originaux ou non, bien plus recommandables et mieux fichus que ce truc mal pensé, mal exécuté, mal joué, mal monté, mal écrit et malade de sa propre incurie. Si les studios prospèrent actuellement grâce à ce genre de produit (demi-échec à sa sortie mais rapportant suffisamment d'argent pour que la Fox n'enterre pas tout de suite le projet), je pense que dans quelques années, quand ce système sera en bout de course, on se dira que cette suite, 20 ans après un film qui révolutionna d'une certaine manière un pan du cinéma de divertissement, est celui qui aura provoqué sa chute.

 

Note : 2/10

Budget : 165 000 000 $

BO US : 103 144 286 $ (27ème plus gros succès de l'année)

BO Monde : 286 537 649 $

BO France : 1 291 530 spectateurs (45ème plus gros succès de l'année)

 

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