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This is my movies

This is my movies

Critiques de films, dossiers, box-office.

Mon bilan du box-office US 2016, Partie 1 : les losers

Comme chaque année, je vous propose de tirer un bilan de l'année écoulée en scrutant le box-office US. L'occasion de constater la présence de quelques membres réguliers de ce top que vous découvrirez plus bas. L'occasion aussi de voir les tendances qui se dessinent et d'anticiper ce qui pourrait bien arriver dans les années qui viennent. Bien aidé par la franchise Star Wars (début 2016 pour "Le réveil de la Force" et fin 2016 avec "Rogue One"), le box-office de l'année aura donc encore franchit la barre des 11 milliards de dollars de recettes sur le sol US. Il faut dire aussi que les studios avaient mis le paquet avec un été très (trop ?) chargé, des licences populaires en pagaille et des tentatives de revival. Pourtant, l'année aura été riche en désillusions et ne promet pas vraiment un avenir meilleur.

La nouvelle génération tarde à s'affirmer

Ils sont appelé selon certains à régner sur le Hollywood de demain mais à mon sens, beaucoup sont là essentiellement grâce à leurs agents plus que grâce à un talent bien particulier ou bien grâce à leur aura sur grand écran. Devenir une star à Hollywood paraît bien plus facile qu'avant mais d'un certain point de vue, je dirais qu'il y a moins de stars planétaires qu'avant et beaucoup plus de vedettes, des étoiles passagères qui profiteront d'un petit créneau pour prendre tout ce qu'ils peuvent (et parfois décrocher de bons rôles dans des bons films) mais j'ai surtout l'impression qu'on les case dans le premier projet qui vient tout en suivant un chemin bien balisé (petit film indé pour se faire remarquer, grosse machine pour s'imposer, un film d'auteur plus perso qui finira par se planter, retour vers une grosse machine). Et comme il y a beaucoup de films, on retrouve aussi beaucoup d'espoirs et des noms certes très connus auprès des cercles de cinéphiles mais qui tardent vraiment à s'imposer auprès du grand public. Mais de qui est-ce que je parle depuis le début ? Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Haley Bennett, Emma Roberts, Daniel Radcliffe, Miles Teller voire Chloe Grace Moretz ou encore Zac Efron, qui font presque office de vétérans. Bref, une flopée de nouveaux visages pas encore très connus mais qui peinent encore à fédérer un large public autour de leurs films. Chloe Grace Moretz a d'ailleurs pris plus ou moins sa retraite alors qu'elle était prévu au casting d'une dizaine de projets sans avoir réussi à jouer dans un seul vrai gros succès monté autour de son nom (échec de "La 5ème vague" cette année, elle était venu se refaire une santé avec "Nos pires voisins 2"... qui s'est planté, elle a peu après pris du recul avec l'industrie). Zac Efron avait trois films cette année dont deux bâti autour de lui et aucun n'a rapporté plus de 50 M$ : "Dirty papy", "Hors contrôle"et "Nos pires voisins 2", déjà évoqué plus haut.

Pour les autres, leur carrière débute à peine mais j'ai du mal à les voir comme des futures stars. Haley Bennett cartonne bien mais jamais dans des films bâtis autour d'elle ("Les 7 mercenaires", "La fille du train"), Alicia Vikander est placée un peu partout ("Tomb Raider" version 2018, "Jason Bourne" cette année, échec de "Une vie entre deux océans" avec Michael Fassbender, autre gros talent qui tarde à s'imposer auprès du grand public) mais joue gros prochainement, Emma Roberts a signé un bon succès avec "Nerve" mais n'a pas les épaules pour plus, Miles Teller peine à rebondir après l'échec des 4 Fantastiques (échec de "Divergente 3.1" et de "Bleed for this", semi-échec pour "War dogs") et reste enfin le cas Eddie Redmayne, lui aussi placé un peu partout mais qui peine réellement à convaincre le grand public et peut méditer sur l'exemple de Daniel Radcliffe (les deux acteurs sont des héros de la saga Harry Potter, Redmayne venant juste de cartonner avec le spin-off "Les animaux fantastiques") qui semble ne plus se préoccuper de sa carrière au cinéma (sortie en catimini du thriller "Imperium", échec de "Swiss Army Man"). En fait, ces acteurs sont connus mais cartonnent surtout dans des franchises ce qui amènent vers notre deuxième thème.

Dur d'exister en dehors des franchises

 

Comme je le disais plus haut, les franchises cannibalisent tout et il devient très dur d'imposer ses propres projets au box-office. Vous me direz, ce n'est pas très grave, seul compte le temps qui finira par réhabiliter certains films. Certes oui mais pour que ce cinéma alternatif existe encore, il faudra bien compter sur quelques succès en dehors des franchises ou bien certains se verront pousser vers les modes de distribution alternatifs (Amazon, Netflix et sûrement bientôt d'autres plateformes comme YouTube qui commence juste à produire ses propres séries).

Du coup, certaines grosses stars ont bien du mal à exister sans les franchises, actuellement en vogue à Hollywood. Certains acteurs s'y épanouissent, on a l'impression que ce sont des monstres du box-office mais si on enlève certaines de ses grosses machines de leur filmo, leur moyenne d'entrées baisse de manière drastique. Ainsi, je ne suis pas sûr que Chris Pratt soit vraiment une méga-star, lui qui est pourtant le héros de deux grosses franchises ("Les Gardiens de la Galaxie" et "Jurassic World"). Cette année, il était à l'affiche du remake des 7 mercenaires mais son apport ne fut pas vraiment significatif au vu du démarrage correct, mais sans plus, du film (dans la moyenne haute de Denzel Washington). Pareil avec "Passengers" qui ne fracasse pas vraiment le box-office malgré Jennifer Lawrence (qui, elle, a déjà réussi quelques examens de passage après "Hunger Games"). Idem pour Chris Pine, à la peine quand il ne porte pas le costume du capitaine Kirk (échec de "The longest hours", succès essentiellement d'estime pour "Comancheria"), Anthony Mackie (qui cartonne dans les Marvel sous les traits du Faucon, échec de "Triple 9" quelques mois avant), Henry Cavill (Superman et rien d'autre à côté, il postule fermement pour incarne James Bond), Daniel Craig (les Bond et rien d'autre comme succès), Chris Hemsworth (même pas de la partie dans "Captain America : Civil War" mais de retour dans "Le chasseur et la Reine des neiges"... qui s'est vautré) sans oublier les "stars" des franchises à la mode (Felicity Jones, Oscar Isaac, Benedict Cumberbatch, Zoe Saldana...).

Du coup, reste la question, est-ce que ces acteurs sont des stars parce qu'ils jouent dans des gros films ou bien est-ce que les gros films nous font croire que ce sont des stars ? Car finalement, aucun d'entre eux n'a vraiment créer un personnage de bout en bout, contrairement à ceux des années 80 et 90. D'ailleurs, certaines de ces stars un peu à la peine dernièrement tentent régulièrement des come-back en renouant avec leur glorieux passé. Pour le meilleur ? On va voir ça plus bas.

Finalement, ils ne nous avaient pas manqué...

 

Ben Stiller peine un peu ces dernières années et pour se relancer, il avait parié sur un projet au long cours, la suite de son cultissime "Zoolander" datant de 2001. 15 d'écart, voilà qui semblait être le bon créneau et il renouait avec la mise en scène quelques années après l'échec (injuste) de "La vie rêvée de Walter Mitty". Du coup, retour d'Owen Wilson (lui aussi à la peine et qui s'est également vautré cette année avec la comédie"Les cerveaux"), ajout de Will Ferrell, Kristen Wiig (semi-ratage avec "Ghostbusters", échec avec... "Les cerveaux") et Pénélope Cruz (à l'affiche quelques mois plus tôt du bide "Grimsby - Agent trop spécial")... mais gros bide au final. Que reste-t-il à Stiller dans ses cartons, lui qui a déjà clôturé deux franchises ces dernières années ("La nuit au Musée" et "Mon beau-père et moi") ? Ultime tentative avec "Brad's status" dans lequel il aura le rôle titre et nouvelle collaboration avec Noah Baumbach pour "Yeh din ka kissa". Affaire à suivre donc...

Retour également sur le devant de la scène pour Renée Zellweger, qui avait pris ses distances avec Hollywood ces dernières années. Et pour revenir, quoi de mieux que de reprendre LE rôle emblématique de sa carrière : "Le journal de Bridget Jones", 3ème volet. Le 2ème volet, datant de 2004, avait été un semi-échec et avait sonné le glas des aventures de la pétillante célibattante. Ce 3ème opus a été un bide aux USA malgré la présence de Patrick Dempsey (qui remplace donc Hugh Grant) et le retour de Colin Firth. Le film s'est surtout refait avec le marché international, élément indispensable pour pérenniser une franchise qui plaît surtout au public anglo-saxon. Un 4ème volet est-il pour autant en route ? Pour le moment, non. Et Renée Zellweger ? Elle avait déjà tourné "Same kind of different as me", film visant essentiellement le public chrétien (signe concordant, Greg Kinnear joue dedans) et qui sortira en février aux USA.

"Le projet Blair witch" avait cartonné en 1999, sa suite directe en 2000 avait enterré la franchise... pensait-on. Depuis, le found footage est devenu un phénomène de mode au sein du cinéma fantastique et d'horreur (avant d'être mis à toutes les sauces dans n'importe quel genre) et du coup, Lionsgate s'est dit qu'il était temps de remettre le couvert avec une suite tourné dans le plus grand secret sous le titre de "The woods" et révélé en grandes pompes au Comic-Con de San Diego. Confié au jeune petit prodige Adam Wingard, le film a signé un piteux démarrage, s'est fait lyncher par la critique et si on ne peut pas vraiment parler d'échec financier (found footage = budget de misère), c'est clairement un bide d'un point de vue business (20 M$ aux USA, moins de 25 M$ à l'international). Et aucune suite n'est prévue, le found footage étant entre-temps devenu obsolète (enfin !!!!).

Robert Langdon et le cinéma, c'était une alliance en or. Le héros imaginé par Dan Brown avait réussi une entrée fracassante avec "Da Vinci code", adaptation très attendue du best-seller éponyme et portée par des poids lourds du box-office : Tom Hanks devant la caméra de Ron Howard. Si son score au box-office ravit les pontes de Columbia, son accueil critique et public fut plus mitigé. La suite (enfin, le prequel dans l'ordre des romans) "Anges et démons" fut un semi-échec et la franchise semblait éteinte. Columbia/Sony décida quand même de ressortir la suite des cartons, tout en réduisant les risques financiers (budget divisé par deux par rapport à "Anges et démons") et il a eu raison ! "Inferno" est un bide à sa sortie, y compris sur le marché international. Du coup, quid des autres adaptations de Dan Brown ? Il reste au stade du développement (aucun réal et aucun acteur attaché au projet) et je pense que ça sera le cas encore un bon moment.

"Bad Santa" avait été un plutôt bon succès en 2003 avec 60 M$ de recettes aux USA. Du coup, un studio s'est dit que ça valait la peine de lancer une suite après une si longue attente de ses fans. Son aura culte n'était sans doute qu'un écran de fumée ou bien l'apanage de quelques fans plus bruyants que nombreux, toujours est-il que la suite s'est pris un joli gadin, un de plus pour Billy Bob Thornton qui se dit qu'il ferait mieux de retourner vers ses projets personnels. 

 

"Independance Day" en 1996 avait créé un engouement démesuré aux USA et Roland Emmerich, en grandes difficultés au box-office et qui recycle fréquemment ses grands succès du passé, s'est dit que l'occasion était belle de revenir avec une suite de son grand "classique". 20 ans après, le bougre convainc Jeff Goldblum, Bill Pullman et même Brent Spiner (celui qui jouait le docteur un peu excentrique) de rempiler. Par contre, Will Smith étant trop cher, il faudra faire sans lui. 20 ans après, le film renoue avec sa date de sortie opportuniste, se mange des critiques très sévères et... un semi-échec (103 M$ pour un budget de 165 M$) à peine rattrapé par son exploitation internationale (286 M$). Du coup, le 3ème volet est remisé au placard, tout comme la suite de "Stargate" et Roland Emmerich va peut-être devoir se creuser la tête pour faire autre chose.

Enfin, quelques mentions spéciales à ces autres suites un brin tardives voire inutiles qui se sont pris, sans réelle surprise, des gros gadins : "Mechanic  : résurrection" avec Jason Statham, suite d'un remake qui n'avait pas été un gros carton en 2011 ; "Ninja Turtles 2", suite d'un reboot peu apprécié par le public qui ne lui a pas redonné une 2ème chance (solide succès sur le marché international, la franchise n'est peut-être pas morte, ouf ?) ;  "Nos pires voisins 2" déjà évoqué plus haut, là encore le 1er film n'était pas très apprécié du public et il s'est pris une grosse sanction au final ; "Mariage à la grecque 2" est la suite là encore très tardive d'un film indépendant signé Nia Vardalos (qui n'a plus rien fait après) et qui a eu les honneurs d'une suite pour une raison inconnue, rapportant au final une fraction du 1er volet (241 M$ en 2002, un peu moins de 60 M$ en 2016) ; "Divergente 3.1", 1er volet de la conclusion d'une franchise lancée en toute hâte, dont le 1er épisode n'avait pas convaincu les fans et qui n'ont plus suivi par la suite (le studio a renoncé à sortir la suite au cinéma, hésitant entre faire un téléfilm sans les acteurs d'origine soit annuler le tout) ; "Insaisissables 2" qui a bien cartonné sur le marché international mais qui a fait moins bien que le précédent opus aux USA ; "Mise à l'épreuve 2" avec Ice Cube et Kevin Hart (le 1er volet avait été moyennement accueilli par le public) ; "Jack Reacher 2" ; "La chasseur et la Reine des neiges", exit Kristen Stewart mais aussi exit le succès pour cette franchise naissante ; et enfin, "Alice de l'autre côté du miroir", véritable cas d'école (1er opus qui cartonne à un niveau stratosphérique, retour des spectateurs mitigés, suite lancée sans le réalisateur d'origine, budget revu à la baisse, bide critique et public). 

Et de voir autant de franchises se planter, est-ce que ça a laissé plus de place à des films plus originaux ? C'te bonne blague !

L'originalité

 

Comme d'habitude, les scénarios originaux n'ont pas vraiment été privilégiés par les spectateurs US (mais ce constat est aussi valable pour le reste du monde) malgré la présence de quelques poids lourds.

Un constat chiffré pour commencer : sur les 26 films à ce jour qui ont passé la barre des 100 M$ (ceux sortis en 2016, même si certains ont passé ce cap durant l'année 2017), 6 d'entre eux seulement sont des créations originales (contre 7 en 2015). De la même façon, 6 films différents ont été leader sur un weekend pour un total de 12 weekends sur 52 possibles (11 en 2015). Parmi ces 6 films leader, 3 d'entre eux sont des films d'animation ("Vaiana", "Zootopie" et "Comme des bêtes"). A noter un exploit de taille pour "Zootopie" qui passe la cap du milliard de $ de recettes au niveau mondial, ce qui n'était pas arrivé depuis 2009 et "Avatar" (qui, lui, avait même atteint le cap du 2 milliards de $). Comme tous les ans, le public plébiscite les franchises et autres adaptations de différents médiums (romans, jeux vidéo) plutôt que des films basés sur des scénarios originaux.

Comme je le disais plus haut, il y avait pourtant du niveau avec le grand retour de Shane Black, auréolé de son statut de réalisateur de "Iron Man 3". Mais loin des franchises, point de salut et ce fut un gros échec pour ses Nice guys campé par Ryan Gosling et Russel Crowe. Echec aussi pour "Alliés" de Robert Zemeckis malgré Brad Pitt en vedette. Ce 2ème gros échec d'affilée pour le brave Robert ne lui donne pas beaucoup de poids pour refuser les assauts répétés de Universal pour faire une suite de "Retour vers le futur", ce que le bougre refuse depuis des années (et il a raison !). Echec pour les frères Coen aussi avec "Avé, César", bide de Alex Proyas avec "Gods of Egypt" et son budget maouss de 140 M$, semi-échec pour "Kubo et l'armure magique", dernière production de Laika qui n'arrive pas à remettre la stop-motion au sommet du box-office. 

Des films tirés des scénarios originaux ont bien eu un peu d'échos comme "Mr Wolff", "Don't breathe", "Sausage party", "Dans le noir", "Instinct de survie" voire même "Comancheria" mais ça reste somme toute assez marginal. Le cinéma fantastique et d'horreur, plus gros pourvoyeur de films tirés de scénarios originaux, avec la comédie, a bien un peu relever la tête dans les chiffres et dans la forme mais les "The witch", "The boy" ou encore "The forest" n'ont pas vraiment atteint des sommets. Il en va de même pour la comédie avec des scores décevants pour "Hors contrôle", "Les frères Grimsby", "How to be single", "Keanu", "Dirty papy", "Joyeux bordel !", "Why him ?", "Les espions d'à côté", "Les cerveaux" ou encore "The edge of seventeen".

Bref, il ne fait pas bon être original pour ramasser le pactole et ça, Disney l'a bien compris. Pour ces prochains projets, le studio a abandonné toute notion d'originalité avec ses prochaines productions (et je ne parle même pas de ses partenariats avec Marvel et Lucas Ltd qui exploitent des univers déjà existant), mis à part dans quelques-uns de ses films d'animation. Et pour moi, c'est un aveu d'échec terrible.

Le hic pour les studios qui ne misent plus sur l'originalité, c'est de se retrouver à cours de franchises à exploiter car chacune d'entre elles, ou presque, existe parce qu'il y a eu à la base des créateurs qui ont su créer, développer et stimuler l'imagination des spectateurs et des autres créateurs. Aujourd'hui, cette rivalité n'existe plus et avec les échecs multiples de certaines franchises, qui vont être exploités jusqu'à plus soif voire plus, c'est de se retrouver à cours d'idées. Par contre, il serait bien de préciser que l'exploitation d'une franchise n'est pas une contrainte pour donner à chaque projet une approche "originale", et c'est aussi valable pour les spectateurs !

Les adaptations de jeux vidéo

 

Au milieu des années 90, les adaptations de jeux vidéo ont déferlé sur les écrans de cinéma. Il faut dire que ce nouveau médium de divertissement de masse est vraiment propice à un croisement avec le cinéma, un mix déjà tenté par le très culte "Starfighter". Et les années 90 n'ont pas vraiment ravis les gamers et que la mode est passée, elle est revenue en force grâce à des jeux qui lorgnaient eux aussi vers le cinéma. Et à l'époque des univers étendus, il était fort logique de retrouver deux des jeux les plus populaires de notre époque, aux multiples extensions et aux dizaines de millions de fans, dans des adaptations fort coûteuses. Universal et la Fox ont donc fait le pari d'adapter sur grand écran les mastodontes "Warcraft" et "Assassin's Creed". 

Et si certaines adaptations ont accouché de rejetons infâmes et honnis par les joueurs, les studios se concentrent désormais sur la satisfaction des joueurs avec clins d'oeil complices et restitution minutieuse de l'univers des jeux. Sauf que ce genre de démarche s'accompagne aussi d'une absence totale d'approche cinématographique et accouche de films qui déplaisent à la critique et au spectateur lambda. Pourtant, les deux projets en questions avaient à leur tête deux cinéastes talentueux et prometteurs.

Duncan Jones, fils de feu David Bowie (damn you 2016 !!), s'était révélé en 2009 avec le très beau "Moon" puis avait confirmé l'essai au sein des studios avec le très ludique "Source code". Prenant la suite de Sam Raimi, il s'empare de cette adaptation dotée d'un budget titanesque de 160 M$ (les caisses de Universal avait alors été remplie par une belle année 2014). Prévu au début de la saison des blockbusters, le film se ramasse comme il faut au BO US (47 M$ de recettes) mais sa carrière commerciale est sauvée par le marché chinois qui lui réserve un accueil plus chaleureux : 220 M$ sur une exploitation internationale d'environ 386 M$ qui donne espoir aux fans pour voir une suite. Pour l'instant, aucune annonce n'a été faite par le studio qui attend sans doute de voir le bout de son année 2017 qui s'annonce déjà très lucrative avec "Fast & Furious 8".

Pour la Fox, on peut également parler de catastrophe industrielle aux USA puisque le film était confié au talentueux Justin Kurzel et porté par Michael Fassbender, Marion Cotillard et Jeremy Irons (1 Oscar chacun). Hélas, la Fox se rend compte de son erreur et ne communique que très peu sur le film en amont qui débarque dans l'anonymat le plus total pour Noël... et se mange des critiques assassines doublées d'un échec public assez prégnant. Là encore, le marché international devrait sauver le film du naufrage commercial.

Mais le marché des jeux vidéos s'est aussi ouvert aux jeux sur mobiles ! Après les LEGO et avant "Playmobil, le film" ou encore les Emoji, il y aura donc eu "Angry birds" par Sony. Alors certes, le film a été un bon succès pour le studio (2ème plus gros succès de son année) mais ce qui lui vaut cette place dans les losers, c'est plutôt parce qu'il s'agit là d'un véritable renoncement artistique, quand bien même il a récolté des critiques assez positives. Mais au vu de la liste des projets qui pourraient fleurir suite à ce succès (à quand "Candy Crush, le film" ou encore "Poker Stars, l'ultime défi" ?), il serait peut-être temps de consacrer ce temps, cet argent et cette énergie créative à des projets plus ambitieux !

Sacha Baron Cohen

Le comique anglais avait réussi une sacrée percée grâce à son personnage de Borat dans un film éponyme en 2006 avant de rapidement déchanter avec "Brüno" en 2009 puis de complètement perdre son public en 2012 avec "The dictator". Cette année, il jouait gros avec son grand retour dans un film bâti autour de lui : "Grimsby - Agent trop spécial", une comédie d'action signée par Louis Leterrier ("Insaisissables", "Le choc des Titans", "Le Transporteur" 1 et 2) et avec Mark Strong et Penelope Cruz. Hélas pour lui, le film a été démoli par la critique et ses multiples délires scatos ne font plus rire les spectateurs. La sanction a été immédiate et rude : 6,8 M$ aux USA, moins de 20 M$ dans le reste du monde et un échec colossal pour Sony (budget estimé à 35 M$)

Du coup, quand un acteur est en difficulté, il accepte d'autres propositions dans des projets plus grand public (ce qui lui avait bien réussi en 2012 puisqu'il était à l'affiche de l'adaptation du musical "Les Misérables") et il avait tourné quelques mois plus tôt dans "Alice de l'autre côté du miroir", jouant l'antagoniste des héros. Mais comme évoqué plus haut, le film a été un bide avec 77 $ seulement (222 M$ de plus dans le reste du monde, budget de 170 M$) et confirme que l'acteur a la poisse ou bien tout simplement que son style a lassé le public. 

Il cherche alors à rebondir et ça sera peut-être pour 2019 puisqu'il est attaché à l'adaptation du vieux comic-book "Mandrake, le Magicien" (que j'ai lu dans des vieux Journal de Mickey). On verra ça le moment voulu mais perso, j'ai quelques doutes...

Le studio Relativity

 

Ce studio a été dissous cette année, son catalogue revendu au plus offrant et c'est une sanction logique. Fondé en 2004 par Ryan Kavanaugh, qui prétend avoir la formule pour produire à la chaîne des cartons au box-office, le studio veut lutter avec les grands et inaugure son année 2005 avec le remake du classique de John Carpenter "Assaut sur le Central 13", signée par Jean-François Richet et porté par Ethan Hawke et Laurence Fishburne. Le film n'est pas une catastrophe au box-office mais la fameuse formule de Kavanaugh ne semble pas être très efficace. La même année, le studio sort "Doom" (adaptation du jeu vidéo qui se prend un gros gadin), "Danny the dog" avec Jet Li (à peine un démi-échec), "Braqueurs amateurs" avec Jim Carrey (plus de 100 M$ de recettes mais plombé par un budget équivalent) et le film d'horreur "Cry Wolf" (10 M$ de recettes mais budget de 1 M$ seulement).

La suite ne sera guère mieux et le studio empile les échecs et les mauvais choix (le studio rachètera la franchise "Fast & Furious" et sortira un 3ème volet sans Vin Diesel et Paul Walker, le film sera un bide et Universal refera de la franchise un poids lourd en ramenant l'ensemble du casting du 1er volet), avec au milieu quelques éclairs ("A la recherche du bonheur", co-producteur sur "300", "The fighter" nommé aux Oscars) qui lui permettront de faire illusion quelques années. Le studio devient son propre distributeur fin 2010 ce qui achève de vider les caisses et les investisseurs laissent tomber Kavanaugh qui a bien du mal à faire fructifier ses quelques maigres succès. Du coup, le studio solde ses comptes en 2016 en sortant "The disapointments room", sa dernière production, dans un réseau de salles à peine digne de son budget de 15 M$ et enregistre un ultime bide, comme un symbole.

Pendant ce temps-là, d'autres studios s'arrachent quelques marques du catalogue de Relativity (dont le remake/reboot de "The Crow") afin de remplir le leur tandis que EuropaCorp (qui faisait distribuer ses films via ce studio depuis 2010) reprend son indépendance. A peine 11 ans après son lancement, le studio est placé en faillite et Kavanaugh voit son rêve s'écrouler. En voulant aller trop vite, trop loin et n'importe comment, il s'est vautré. De quoi faire peur au petit dernier STX Entertainment qui semble ne pas avoir retenu quelques leçons de cet échec puisqu'il vient de s'associer avec EuropaCorp, dont les productions enregistrent bides sur bides aux USA !

Sony en perdition ; Lionsgate, l'outsider devenu loser et la Paramount, un géant qui vacille dangereusement

 

L'année dernière déjà, Sony/Columbia s'était distingué en cédant devant les menaces d'un sombre collectif qui promettait les pires représailles si le studio sortait en salles la comédie "L'interview qui tue". Cela venait conclure une année plutôt morose au niveau du business avec beaucoup d'échecs pour le studio sans oublier la fuite de plusieurs milliers de mails. 2016 n'a pas vraiment été l'année du renouveau mais plutôt celle de la perte de contrôle. Deux films seulement ont passé le cap des 100 M$ de recettes : "Ghostbusters" version 100% féminine et "Angry Birds". Et l'on ne peut même pas parler de succès pour le 1er cité vu qu'il n'a même pas remboursé son budget de 140 M$ aux USA et que la Chine en a interdit l'exploitation car il n'était pas conforme à la vision des fantômes dans cette contrée. Ce manque à gagner a poussé le studio à annuler une éventuelle suite (mais pas ses idées de remake). Pour le reste, si "Miracles from Heaven", "Sausage party", "Don't breathe" voire même "Instinct de survie" ont plutôt bien marché, le reste oscille entre moyen et catastrophique. Pour 2017, le studio fonde beaucoup d'espoirs sur l'exploitation de "Spider-Man : Homecoming" (téléguidé en interne par Marvel Studios) mais aussi sur "The Emoji Movie", "Underworld 5" ou encore "Resident Evil 6" (qui cartonne déjà au Japon). Oui, on a les espoirs que l'on mérite. 

Lionsgate voulait se mêler aux grands et il avait bien réussi jusque-là en s'appuyant sur des franchises très lucratives comme "Twilight", "Saw" et "Hunger Games". Des sagas qui ont permis au studio d'amasser un véritable trésor dont il s'est servi pour produire "La stratégie Ender", "Le dernier chasseur de vampires", les "Divergente" ou encore "Gods of Egypt" et "Deepwater" avec des budgets faramineux. Hélas, ces différents projets ont été des déceptions voire de gros bides et le trésor a fondu comme neige au soleil. Cette année, le studio a lancé 23 films et aucun d'entre eux n'a passé le cap des 100 M$ ! Son plus gros succès de l'année, c'est "Boo ! A Madea Halloween" de Tyler Perry avec moins de 75 M$ de recettes (un résultat exceptionnel et un film qui est resté 2 weekends consécutifs au sommet du box-office). Motif d'espoir, "La La Land" cartonne sur le circuit court et pourrait bien rapporter quelques Oscars. L'avenir sera placé sous le signe de l'austérité tandis que d'autres projets lancés du temps de l'opulence ("John Wick 2" et surtout "Power Rangers" plus un éventuel nouveau chapitre de la saga "Saw" et le film d'animation "Mon petit Poney") sont assez attendus. Pour le reste, le calendrier est assez vide (une sortie en 2018, 5 films en attente de dates dont le remake de "Dirty dancing" annoncé en 2013 !!)) et ne présage rien de bon.

La Paramount est un des studios historiques d'Hollywood. Son catalogue prestigieux lui a permis de monter sa propre chaîne à son nom et alimenté uniquement par ledit catalogue (quand la Warner avec TCM pioche à foison dans le catalogue des voisins) mais ces dernières années, il enchaîne surtout les déceptions. Cette année, il misait beaucoup sur "Jack Reacher 2", le remake de "Ben-Hur", "Star Trek 3", "Ninja Turtles 2" et, dans une moindre mesure, le "Alliés" de Zemeckis et la suite inattendue de "Cloverfield". Au final, seul "Star Trek : sans limites" a passé le cap des 100 M$ (mais il a rapporté beaucoup moins que les autres volets) et "10 Cloverfield Lane" a cartonné suffisamment pour justifier la mise en chantier d'un 3ème et dernier (?) volet. Tout le reste oscille là encore entre décevant et catastrophique. Le studio ne sortant jamais plus de 12 films par an, chacun d'entre eux est donc important pour lui et n'a pas vraiment le droit à l'erreur. Du coup, le studio mise tout sur ses franchises existantes comme "Transformers" (dont le 5ème volet a pour mission de redéfinir la saga), le retour de "XxX" avec Vin Diesel, l'adaptation des jouets "Monster Trucks", les "Mission : Impossible" (dont les sorties viennent d'être décalées), l'adaptation de "Alerte à Malibu" sans oublier "Ghost in the shell" (projet extrêmement casse-gueule), un nouveau reboot de "Vendredi 13", "World War Z 2" (qui n'a toujours pas de réalisateur officiel aux manettes alors que la sortie est prévue pour juin 2017 !!) voire le reboot de "Le flic de Beverly Hills". Bref, ça navigue à vue et ça ratisse large mais pas sûr que ça paie au final. 

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