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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

Aeon Flux (2005) de Karyn Kusama

Résumé : en l'an 2415. Un virus ayant exterminé 99% de la population mondiale 4 siècles plus tôt a laissé une civilisation sous le joug d'une lignée de notables qui a pris le contrôle des survivants. Dans l'ombre, une assemblée de rebelles, les Monicans, font tout pour faire tomber ces méchants qui semblent avoir droit de vie et de mort sur tout un chacun. Aeon est la meilleure des assassins des Monicans et sa nouvelle mission revêt pour elle une saveur particulière : tuer le président Goodchild, commanditaire de l'assassinat de sa soeur. Mais alors qu'elle est sur le point d'y parvenir, Goodchild semble la reconnaître et cela trouble Aeon qui devient dès lors un simple pion au cœur d'une sombre machination.

 

Critique

Nom : Kusama

Prénom : Karyn

Profession : réalisatrice.

Date de naissance artistique : 22 janvier 2000, avec la présentation de "Girlfight" au festival de Sundance, film qui révéla également l'actrice Michelle Rodriguez.

Date de mort artistique : 2 décembre 2005.

Coupable : Aeon Flux (adaptation d'un comic book produit par le studio Paramount pour un montant de 62 M$).

Motifs : intrigue simpliste mais racontée d'une manière incompréhensible, personnages sans âme, acteurs indigents, narration chaotique, scènes d'action illisibles, décors moches, costumes risibles, effets spéciaux ratés, fusillades ridicules, figurants perdus, propos inexistant.

Condamnation : réaliser un film d'horreur écrit par Diablo Cody, la scénariste oscarisée de "Juno", avec Megan Fox en mode "je ne suis pas juste la bombasse de "Transformers", je suis aussi une vraie actrice qui peut jouer avec son image de prédatrice sexuelle" et Amanda Seyfried en fausse oie blanche.

Réhabilitation : négatif. Encore un film bien raté dans les grandes largeurs malgré une bonne idée de base. Ce nouvel échec fait de facto Karyn Kusama une récidiviste qui est donc condamnée à retourner vers le cinéma indépendant aka l'oubli.

En conclusion, je dirais que j'ai décidé de regarder ce film en dépit d'une mauvaise critique que je venais de lire en me disant "mais non, ça ne peut pas être aussi mauvais". Je pensais voir un film probablement culte, qui avait souffert à sa sortie d'un massacre organisé par un studio incapable de vendre le film ou bien qui s'était planté à cause d'une mauvaise date de sortie ou tout simplement d'un film certes raté mais au moins intéressant mais non, rien de tout ça. Le contexte n'est pas bien exploité et malgré quelques petites idées sympa (comme cette femme qui a des mains à la place des pieds) et une ambiance de comic-book bien restituée, on est face un ratage industriel dans lequel la Paramount a forcément une responsabilité (post-production chaotique avec renvoi de la réalisatrice, livraison d'un montage de 71 minutes rejeté en projection-test, rappel de la réalisatrice qui fera ce qu'elle peut) mais aussi un scénario à trous (quid de la nature environnante présentée au début du film, des leaders des Monicans, aussi inquiétants et fourbes que les Goodchild), ce film montre surtout à quel point les jeunes cinéastes venus de l'indé se plantent quand on les met aux commandes de grosses machines, avec des enjeux qui les dépassent et des financiers qui ne savent produire qu'en fonction d'études de marché (on verra comment Josh Trank rebondit après son expérience catastrophique sur "Les 4 fantastiques" version 2015).

Cet échec rappelle un autre film autour d'une figure super-héroïque féminine adaptée d'un comic-book underground, le naufrage "Tank Girl" qui coula la carrière là encore de la réalisatrice Rachel Talalay ("Freddy 6", "Le tueur du futur") qui dû ensuite se tourner vers la réalisation dans l'univers des séries TV (une bonne soixantaine à ce jour), mais aussi la pauvre Lori Petty (la soeur de Bodie dans "Point Break"). Est-ce à cause de ces échecs répétés que les studios rechignent à produire des films de super-héros avec des femmes ? Ce n'est que quand la Warner, désireuse d'introduire son univers étendu DC Comics, décida de faire un film "Wonder Woman" que Disney et Marvel en firent de même avec "Captain Marvel" (par contre, la Veuve Noire attend toujours son film à part) mais il faudra attendre la sortie des films pou voir si la donne a quelque peu changée.

A noter, pour les fans de Kusama, que la réalisatrice a signée quelques épisodes pour des séries TV avant d'arriver à monter un autre projet ("The invitation" en 2015) et qu'on la retrouvera avec un segment du projet "XX" (un film à sketches féministe autour du thème de l'horreur, avec 7 réalisatrices à la barre).

 

Note : 2/10

Budget : 62 000 000 $

BO US : 25 874 337 $ (99ème plus gros succès de l'année)

BO Monde : 26 429 664 $

BO France : 32 176 spectateurs (273ème plus gros succès de l'année)

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