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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.

Tous les mois, je vous invite à retracer le parcours chaotique de certaines stars du cinéma qui ont atteint les sommets, multipliés les succès et les récompenses avant de connaître quelques accrocs dans leur carrière qui les ont plongés dans un certain oubli, autant du côté de la profession que de celui de la critique. Mauvais choix, comportements détestables, destins contrariés, amnésie des médias et parfois de leurs pairs, malchance, censure, il y a un peu de tout ça dans ces trajectoires presque météoriques. Fille de star, elle s'est retrouvée très vite sous le feu des projecteurs et sa vie personnelle aura toujours beaucoup trop débordé sur sa carrière, rendant l'actrice compliquée à vivre et l'éloignant bien trop souvent des plateaux. Melanie Griffith n'a pas eu un destin facile, enchaînant les galères et les blessures, physiques ou psychologiques, avant de devenir l'exemple type des dérives de la chirurgie esthétique chez les actrices hollywoodiennes.

Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.
Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.

Parcours : Melanie Richard Griffith est née le 9 août 1957 à New York. Elle est la fille de l'actrice Nathalie Kay Hedren, plus connue sous le nom de Tippi Hedren, et de l'acteur Peter Griffith. A l'époque de la naissance de Melanie, Tippi travaille comme mannequin à New York et sa fille commencera aussi à poser dès l'âge de neuf mois. Tippi et Peter divorcent alors que la jeune fille n'a que quatre ans et elle suit sa maman qui déménage à Los Angeles où elle est repérée par Alfred Hitchcock, à la recherche d'une nouvelle égérie blond platine pour son prochain projet, "Les oiseaux". Après ce tournage éprouvant pour Tippi, elle renouvelle l'expérience avec le vieil Alfred pour "Pas de printemps pour Marnie" mais leur collaboration s'arrêtera brutalement à la fin de ce tournage alors que l'actrice avait signé un contrat de plusieurs films avec le réalisateur.

C'est à cette période que Tippi décide de se marier avec celui qui est alors son agent, Noel Marshall. Ce dernier est déjà père de trois enfants et Melanie grandit donc au sein de cette famille recomposée tandis que le nouveau couple Hedren-Marshall aura deux autres enfants. La maison familiale a pour particularité d'accueillir tout un élevage de fauves (tigres et lions principalement) car le couple tourne un film appelé à devenir culte, "Roar". Un film semi-documentaire sur les fauves qui vient au sein de la famille et qui occasionnera bon nombre d'accidents de tournage et plus particulièrement sur Melanie qui sera attaquée par un fauve en 1977, lui occasionnant ainsi une blessure au visage qui nécessitera une cinquantaine de points de suture. Tippi Hedren se blessera également durant le tournage tout comme le directeur photo Jan De Bont qui sera attaqué au niveau du crâne et qui sera recousu avec plus de 120 points de suture !

Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.
Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.

En attendant, la jeune Melanie continue de venir sur les plateaux de tournage que fréquente a mère mais c'est dans la production Disney "Smith" qu'elle débute comme figurante en 1969. En 1973, Tippi Hedren joue dans "The Harrad experiment" de Ted Post et son partenaire a pour nom Don Johnson, le futur Sonny Crockett de "Deux flics à Miami". Melanie a 14 ans et tombe amoureuse de l'acteur qui a alors 24 ans. Sa mère laisse faire sa fille qui commence alors à fréquenter l'acteur. En 1975, elle obtient un rôle assez dénudé dans le film "La fugue" d'Arthur Penn qui prend la jeune fille sous son aile et l'aide à être à l'aise devant la caméra et la pousse à prendre quelques cours de comédie. La suite de sa carrière sera ensuite jalonnée de rôles de petites nymphettes vêtues de tenues légères. Parallèlement à cette carrière d'actrice débutante, elle fait aussi un peu de mannequinat et bien que ce ne soit pas vraiment son truc, elle continue à faire le modèle afin de d'avoir un peu d'argent.

Melanie s'est marié avec Don Johnson en janvier 1976 mais le mariage ne dure que quelques mois et le divorce la laisse un peu détruite. C'est ainsi qu'elle finit par sombrer dans la drogue et l'alcool et sa carrière connaît un net ralentissement, les producteurs étant réticents à embaucher une jeune fille ingérable et dangereuse pour la viabilité des tournages.

En 1981, elle rencontre Steven Bauer (hier, Manny, le meilleur copain de Tony Montana dans le "Scarface" de Brian DePalma, aujourd'hui, Avi, le meilleur copain de "Ray Donovan") et ils se marient peu après. Le jeune homme l'aide à refaire surface, elle entre ainsi en cure de désintoxication, prend des cours de comédie et le téléphone recommence à sonner pour lui proposer du travail. Grand fan de Maître Hitch, DePalma ne laisse pas passer l'occasion de travailler avec la fille de l'une des actrices phares de son oeuvre et il embauche Melanie Griffith pour le rôle d'Holly dans "Body double" en 1984. Le film est un des plus grands échecs de l'année mais l'actrice est nommée pour le Golden Globe de la meilleure actrice dans un 2nd rôle. Sa carrière repart alors de l'avant puisque le réalisateur Jonathan Demme la repère et l'engage pour faire "Dangereuse sous tous rapports" en 1986.

Hélas, sa vie maritale avec Steven Bauer se délite et le couple divorce en 1987. Cette même année, elle tourne dans un épisode de "Deux flics à Miami" et renoue ainsi avec son ancien mari, Don Johnson. Le film post-apocalyptique "Cherry 2000" ne trouve pas le chemin des salles mais qu'importe puisque Mike Nichols l'engage pour incarner la jeune Tess McGill dans "Working girl" aux côtés de Sigourney Weaver et d'Harrison Ford. Le film est un triomphe au box-office et l'actrice rafle même le Golden Globe de la meilleure actrice dans une comédie et décroche une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Non pas vraiment car la vie personnelle de Melanie Griffith s'embourbe à nouveau dans diverses addictions et nuisent fortement à sa carrière.

Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.

Le point de rupture : les années 90.

Rarement une décennie n'aura été aussi fatale à une star. Pendant les deux années qui suivent "Working girl", Melanie Griffith ne tourne pas. Elle se reconstruit peu à peu, multiplie les cures et grâce à l'appui de Don Johnson, elle remonte la pente, encore. Malheureusement, Hollywood n'attend pas et de nouvelles venues sont en train de percer : Meg Ryan, Julia Roberts, Michelle Pfeiffer. Moins tourmentées, moins scandaleuses, pas moins capricieuses mais ça, Hollywood n'en a cure, ces nouvelles têtes cartonnent au box-office et Melanie Griffith doit refaire ses preuves. L'année 1990 ne commence pas trop mal avec "Fenêtre sur Pacifique" du vétéran John Schlesinger où elle tient le haut de l'affiche avec Matthew Modine et Michael Keaton. Le film n'est pas un gros échec mais ce n'est pas vraiment un succès. Du coup, "Le bûcher des vanités", avec Tom Hanks et Bruce Willis, réalisé par Brian DePalma, fait office de va-tout. Hélas, le film est un énorme échec et ça reste la seule à voir sa carrière en souffrir. Les films s'enchaînent ("Paradise", "Une lueur dans la nuit", "Une étrangère parmi nous", "Quand l'esprit vient aux femmes", "La surprise", "Un homme presque parfait", "Souvenirs d'un été") et aucun d'eux n'est un succès.

Alors je regrette de renouer avec la veine "Voiçi" concernant la bio de l'actrice mais il faut dire que sa vie privée aura toujours beaucoup d'impact sur sa carrière au cinéma. Elle divorce à nouveau de Don Johnson et c'est pour se marier avec Antonio Banderas, son partenaire sur le tournage de "Two much" (qui sera aussi un échec soit dit en passant) et la presse à scandale se régale des frasques des deux amants terribles, surtout que Banderas lui aussi divorcera de sa femme de l'époque pour se mettre avec Melanie Griffith.

Sa carrière ne décollera plus par la suite malgré des films "Les hommes de l'ombre", "Lolita", nouvelle adaptation du roman de Nabokov, "Another day in Paradise", "Celebrity", "La dernière preuve" et quelques autres, les échecs succèdent aux bides et aux plantades. De plus, l'actrice vient d'atteindre le cap fatidique de la quarantaine et les propositions se raréfient. Elle croit alors tenir sa chance en jouant dans le premier film d'Antonio Banderas en tant que réalisateur : "La tête dans le carton à chapeau". Mais bon, pas de miracle, le film est un échec critique et public. Quand à ses addictions, l'actrice finit par vaincre nombre de ses démons mais elle devient ensuite accro au bistouri et ça finit d'enterrer son destin.

Que sont-elles devenues ? Episode 7 : Melanie Griffith.

Après : dur de se relever d'une décennie aussi marquante, dans le mauvais sens du terme. L'actrice est embauchée par John Waters pour son "Cecil B. Demented" mais le film ne recueille guère d'échos auprès du public et le monde d'Hollywood fini par laisser l'actrice sur le bas-côté. L'actrice devient alors plus coutumière des plateaux de séries TV et fait quelques apparitions plus ou moins longues dans "Viva Laughlin", "Twins", "Nip/Tuck" (forcément), "Raising Hope", "DTLA" ou encore "Hawai 5.0". Elle arrive encore à décrocher quelques rôles au cinéma ou dans des films qui trouvent plus souvent les chemins des rayons des Direct to Video.

Peut-elle revenir ?

Hollywood aime les come-back spectaculaires, les secondes chances, les enfants terribles et les idoles du passé. Oui, sauf qu'il faut que ces dernières aient encore quelque chose à prouver, une histoire à renouer et je ne suis pas sûr que Melanie Griffith a réussi à se connecter avec son public à un autre niveau que son image sulfureuse. Son talent d'actrice est certes bien réel mais son potentiel demeure largement inférieur à celui de quelques autres contemporaines, son réseau ne me semble pas très efficace et la crise de jeunisme que vit Hollywood ces dernières années ne joue pas en sa faveur.

Pour moi, c'est non à 95%.

Et pourtant...

Effectivement, Melanie Griffith a eu sa chance à la fin des années 80, elle avait déjà collaboré à cette époque avec plusieurs réalisateurs très cotés et dont la liste pourrait rendre jalouse certaines. Tout au long de sa carrière, elle a connu plusieurs collaborations fructueuses et on peut même dire qu'elle a eu beaucoup de chance mais elle s'avéra incapable de capitaliser dessus.

Son palmarès d'actrice n'est pas vraiment vierge mais elle a aussi été la cible des Razzie Awards qui ont régulièrement pointé ses défaillances d'actrice.

Enfin, je pense qu'une anecdote de tournage résume parfaitement sa carrière : sur "Le bûcher des vanités", elle s'éclipse du plateau durant plusieurs semaines et revient avec une poitrine flambante neuve.

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