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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Résumé : après avoir erré durant 15 ans dans le monde post-apocalyptique, Max finit par arriver dans la ville de Trocopolis afin de récupérer son véhicule qui lui a été volé par un des habitants. Sur place, il se heurte à la milice locale et il rencontre la dirigeante de la ville, Entité. Cette dernière lui propose un marché : il défie le colosse Bombe, acolyte du nain Maître qui dirige le monde du dessous, celui qui fournit la nouvelle Cité en méthane grâce à la merde des cochons. Ce duel à mort aura lieu dans le Dôme du Tonnerre. Max accepte et se retrouve ainsi face au colosse. A la fin du duel, dont il sort vainqueur, Max refuse de tuer Bombe, découvrant son visage enfantin et devinant qu'il a été floué par Entité. Le colosse est tout de même exécuté par les hommes d'Entité et Max quant à lui doit faire face à la Roue du Destin qui le pousse vers l'exil, dans le désert. Max erre et frôle la mort jusqu'à ce qu'il soit recueillit par des enfants perdus.

Critique : le 2ème volet des aventures de Max, le Guerrier de la Route ("The Road warrior", titre du film pour sa sortie aux USA afin de na pas le mélanger avec "Mad Max" qui sortait lui aussi en même temps) est devenu une icône de la pop culture et s'est imposé auprès des professionnels comme une nouvelle référence dans le cinéma de divertissement, le style véritablement visionnaire de Miller en ayant fait un nom qui compte. Steven Spielberg l'intègre à la dernière minute sur son projet "La Quatrième dimension", film à sketchs adaptant certains classiques de la fameuse série TV des années 50, rejoignant ainsi John Landis et Joe Dante dans cette aventure. Le projet sera surtout marqué par le décès de Vic Morrow et de deux enfants sur le tournage du segment signé Landis et le projet sera ensuite délaissé par les producteurs, laissant beaucoup de liberté à Dante et à Miller pour signer leur segment respectif. La sortie du film se fait ensuite dans une certaine confidentialité mais le segment de Miller reçoit le plus d'hommages de la part de la critique et des spectateurs. La Warner, qui distribue les "Mad Max" aux USA, propose au réalisateur australien de signer un ultime volet de sa saga avec des fonds américains et lui offre ainsi un budget colossal pour remplir cette mission. Mais encore une fois, tout ne va pas se passer comme prévu pour Miller.

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Depuis le début de l'aventure, Byron Kennedy évolue dans l'ombre de Miller et la symbiose de la relation entre les deux hommes est indissociable de la réussite du projet. C'est pourquoi la mort de Kennedy, dans un accident d'hélicoptère lors de repérages pour les décors, provoque une certaine lassitude voire un désintérêt officiel de Miller pour ce projet. Dégoûté, attristé, abattu, il ne veut plus entendre parler de Max et de son monde post-apocalyptique tandis que la perte de son ami l'affecte au plus haut point. C'est pourquoi il accepte sans broncher les ingérences de la Warner dans le projet (obligation de décrocher un classement PG-13, éléments comiques tirant vers la bouffonnerie parois, présence de Tina Turner qui signera aussi une partie de la BO, remplacement de Brian May par Maurice Jarre pour la musique) et il se contentera de réaliser les scènes d'action, laissant les scènes de dialogues à George Ogilvie, un compatriote qui signe son premier film alors qu'il a déjà plus de métier que Miller, hantant les plateaux télé de son Australie natale. Quand au scénario, il est greffé sur un autre projet dans les tiroirs du studio, une adaptation du classique "Sa Majesté les Mouches" avec Max qui découvre ces enfants perdus. A partir de là, quel regard porter sur ce 3ème volet, le plus décevant de tous ?

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Personnellement, j'ai vu les films dans l'ordre chronologique avant d'envisager une chronique sur cette saga mythique, revoyant chaque film séparément à un mois d'intervalle par la suite. Ce 3ème volet, je l'ai découvert un an avant la sortie du 4ème film et avant de le voir, je savais déjà qu'il était le plus décevant du lot, le moins convaincant sans pour autant en connaître les circonstances de fabrication. Son visionnage se révéla un peu pénible, le rythme étant clairement défaillant, scindé en deux et comptant malgré tout de nombreuses séquences jouissives. Savoir que ce n'est pas Miller qui réalise l'ensemble du film pourrait donner aux scènes de dialogue un côté un peu plan-pan, plus télévisuel, mais on sent toutefois que ces scènes ont bénéficié d'un travail sur le story-board de Miller avec des mouvements très dynamiques et des raccords parfois hyper audacieux. Les acteurs jouent bien, sans plus, et il manque sans doute une petite pointe de folie, le film ayant un côté trop propre malgré une direction artistique assez incroyable, avec ce monde de poussière, de sable, de merde et de sueur, peu éclairé, peuplé d'âmes tourmentées et de personnages troubles. Tina Turner s'en sort plutôt bien dans ce rôle de leader charismatique mais le background du personnage reste trop peu développé et de manière générale, l'histoire de Trocopolis n'est qu'effleurée tandis que l'irruption des enfants s'intègre de manière maladroite au récit. Cette rupture de ton est mal passée chez moi au premier visionnage et le second se révéla toujours aussi pénible sur ce point.

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Mel Gibson est toujours aussi épatant dans le rôle principal, le comédien s'étant encore étoffé par la suite et ce film sera véritablement son ticket d'entrée au sein du microcosme hollywoodien avant d'exploser définitivement deux ans plus tard avec "L'arme fatale". En attendant, son charisme unique irradie l'écran et il compose encore un personnage torturé, existant dans l'action et tentant peu à peu de retrouver son humanité. Son parcours émeut parfois mais ça reste bien trop sommaire.

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Les scènes d'action que Miller a filmées comptent encore parmi des modèles du genre, agissant de manière générale comme une catharsis sur lui, le genre restant son préféré, lui qui se définit comme très calme et posé dans la vie. Ses cadres, son découpage, la vitesse d’exécution, les raccords insensés, sa façon de filmer la tôle froissée, l'inventivité des cascades et sa faculté à marier horreur et action, tout ce qui faisait la force des films précédents, tout ça est encore là, de manière plus éparse et il se fait même un petit plaisir en rendant hommage au péplum avec ce duel épique entre Blaster et Max devant une foule avide de sang. Les lumières de Dean Semler sont fabuleuses et le spectacle est régulièrement au rendez-vous, faisant du film un opus décevant au sein de la saga mais un produit hautement recommandable au milieu d'une production annuelle moins audacieuse à différents niveaux. Le genre post-apocalyptique est devenu très à la mode après "Mad Max 2" mais ce film met tout le monde par terre à tous les niveaux de fabrication, malgré son virage plus grand public.

La saga Mad Max, 3ème partie : Mad Max : au-delà du Dôme du Tonnerre (1985)

Prévu pour une sortie au cœur de l'été aux USA soit le 12 juillet 1985, le film sort face à "Explorers" de Joe Dante (qui sera un gros échec) et au western "Silverado" de Lawrence Kasdan. Il s'impose à la 2ème place, restant derrière "Retour vers le futur" qui cartonne encore et qui perd très peu de spectateurs. La carrière de George Miller aux USA démarre sous de bons auspices mais son expérience suivante, sur "Les sorcières d'Eastwick" sera moins heureuse en coulisses et malgré le succès du film, il se tournera de plus en plus vers la production. Quant à Max, il vivait une dernière aventure qui refermait sur une note douce-amère un parcours chaotique, à l'image du personnage. C'était pour mieux renaître de ses cendres.

Note : 7/10

Budget : 12 000 000 $ soit l'équivalent d'un peu moins de 27 millions de $ en 2016.

BO US : 36 230 219 $ soit l'équivalent de 87 564 900 $ en 2016 (24ème plus gros succès de l'année).

BO France : 2 552 981 spectateurs (13ème plus gros succès de l'année).

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