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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Résumé : le monde a été ravagé par un conflit nucléaire et la pénurie de pétrole a laissé la planète aux mains de gangs qui écument les routes à la recherche du précieux liquide. Ancien policier au sein de la MFP (Main Force Patrol), Max est depuis devenu un vagabond qui traîne sur les routes désertiques, échappant à plusieurs hordes de pirates tout en cherchant de l'essence sur les nombreuses épaves qui jonchent son chemin. L'une de ses quêtes le fait rencontrer un drôle de bonhomme qui possède un engin volant étrange et qui lui indique la localisation d'une raffinerie tenue par une communauté plutôt pacifique. Hélas, ce bastion fait l'objet de nombreuses convoitises et plus particulièrement celle d'un gang mené par le mystérieux Humungus. Avec sa troupe de pillards, il encercle le camp et empêche toutes sorties, qu'il punit sévèrement. Max arrive à pénétrer au sein de la forteresse et découvre une communauté fatiguée par ces semaines de siège. Il propose alors d'aider ces derniers en leur fournissant un camion citerne pour transporter l'essence en échange d'une quantité substantielle du précieux liquide pour reprendre la route. Le plan est simple, le marché est conclu mais sa réalisation sera bien plus ardue.

Critique : si "Mad Max" déchaîne les censeurs, il affole aussi une bonne partie des spectateurs amateurs de sensations fortes et impose d'entrée un réalisateur à suivre. Si le film n'est pas un gros carton à sa sortie dans les salles, son exploitation vidéo lui donne une notoriété certaine. Inévitablement, George Miller et son ami Byron Kennedy se disent alors qu'il serait bien de remettre le couvert mais avec plus de moyens cette fois-ci. Pour rendre le challenge plus excitant, les 2 hommes décident de s'éloigner un peu du ton du premier film pour en faire quelque chose d'autre. En compagnie de Terry Hayes puis de Brian Hannant, ils rédigent un scénario qui abandonne un peu ses éléments de revenge movie et de western pour en faire un film qui lorgne clairement plus du côté de l'heroïc fantasy. La structure du film est également revue tandis que certains éléments liant les deux films sont abandonnés (à la base, Humungus devait être Goose, l'ancien ami de Max gravement brûlé dans le volet précédent, qui serait devenu le leader des pillards suite à sa sortie de l'hôpital et devenu amnésique, mais le scénario fût modifié sur le tournage) et Miller s'inspira énormément des travaux de Joseph Campbell autour de la figure du héros aux 1 000 visages, ouvrage de référence qui servit également de base à George Lucas et Gary Kurtz pour créer une partie de l'univers de "Star Wars".

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Effectivement, à bien des égards, "Mad Max 2" est un pur film d'heroïc fantasy avec son château imprenable, une quête pour le héros, des alliés improbables, un méchant absolu et des acolytes assoiffés de sang. Max devient ainsi le héros malgré lui de cette communauté sans jamais de départir d'un certain cynisme. Anti-héros qui commence le film en haillons (une idée de Mel Gibson qui s'occupa lui-même de déchirer ses vêtements), boitant bas et qui est bien loin de l'image du héros triomphant avec son regard vide et un manque flagrant d'humanité. Tout juste subsiste-t-il en lui cette notion de Bien et de Mal, quand bien même il n'hésite pas à piller les cadavres et les épaves pour sa propre survie. Max est un survivant comme un autre mais dont les qualités derrière un volant et sa formation de guerrier (plus diverses compétences acquises au cours de ses trois ans d'errance, oui trois ans et non cinq comme j'ai pu le lire un peu partout. C'est une information donnée par George Miller dans le magazine Ecran Fantastique à la sortie du film). Le temps a fait son office et l'ancien homme de loi est désormais un survivant.

Par ailleurs, l'énorme plus-value au film, c'est la petite introduction au début qui pose un peu plus clairement le contexte. Miller et son équipe nous expliquent ainsi que la Terre a été ravagée par un conflit mondial et on a également droit à un petit résumé de l'épisode précédent. Frustré par le manque de moyens de ce dernier, il a cette fois réussi à obtenir un budget plus conforme à ses envies et ses ambitions.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Les décors et les costumes sont nombreux et ont fait appel à diverses influences. Bien qu'il s'agisse pour la plupart de vestiges du monde d'avant, tout semble très étudié et très bien pensé. Les costumes, tout d'abord, peuvent paraître minimalistes parfois mais à force de visions, on se rend compte que les personnages principaux sont très accessoirisés et c'est également la preuve de l'implication et de la grande imagination des personnes impliquées dans la direction artistique. Les décors sont également très riches, avec de nombreuses pièces de bric et de broc (un véritable paradis de chineurs) parfois détournées de leur fonction primaire (l'année suivante, "Blade Runner" fera de même). Quant aux véhicules, c'est également un savant dosage entre modèles existants customisés et créations complètement délirantes.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Mais le plus incroyable, ça reste quand même le fait que la Ford Falcon, la fameuse Interceptor, n'était pas censé survivre à la production du premier "Mad Max". Promise à la casse, la voiture fut "sauvée" par un membre de l'équipe et c'est par hasard, lors des repérages, que certains membres de l'équipe artistique de "Mad Max 2" retrouvèrent le modèle original qui fut réintégré dans le film. C'est aussi comme ça que fût recruté le chien qui accompagne Max. Promis à la seringue de la SPA locale, il fut sauvé par les casteurs et adopté par la suite par un des membres de l'équipe de tournage.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Comme je le disais, cette suite est radicalement différente du premier opus (c'est d'ailleurs une constante de la saga) et ce n'est pas plus mal. Max est notre héros, notre référent mais nous avons également une certaine distance avec lui. Il ne ressemble plus vraiment au flic droit et intègre que l'on a connu et ça se voit immédiatement sur l'écran. Gibson apporte toute sa folie au personnage et ses progrès d'acteurs sont visibles. Miller lui confiera ainsi un peu plus de texte (il faut dire que Gibson avait entre-temps récolté 2 AFI Awards du meilleur acteur, l'équivalent des Oscars en Australie). Son regard acier, ses traits tendus, son corps abîmé, tout concourent à en faire un personnage à la limite, prêt à tout pour survivre. Le film en lui-même n'est pas très bavard et son intrigue se révèle même assez simple, avec des objectifs clairs et un déroulement limpide. Miller laissa d'ailleurs de côté de nombreux éléments narratifs, notamment ceux développant les deux méchants du film : Humungus, hyper charismatique malgré un costume plus que minimaliste, et Wez, joué par Vernon Wells et son regard fou, un bras droit particulièrement coriace mais qui verra son background sérieusement amputé sur le banc de montage. Au sein de la communauté, on s'attache tout de suite au petit enfant sauvage et son fameux boomerang tranchant, une arme redoutable. Quant au seigneur du château, pardon, de la raffinerie, il reste assez énigmatique lui aussi et les relations entre les différents membres apparaissent comme assez tendus, leur histoire ne nous étant que brièvement contée. C'est une différence fondamentale entre les films d'avant et ceux dits "modernes" (à partir des années 2000) dans le sens où notre imagination est beaucoup plus sollicitée et c'est à nous d'observer les petits gestes, les regards entre les protagonistes, étudier les costumes et les décors pour commencer à imaginer le passé de chacun, comprendre le présent à partir des bribes d'informations. Chacun des personnages appartient au film (sauf Max) et chaque vision nous permet d'en savoir plus sur chacun d'eux.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Au niveau de la thématique, Miller et ses scénaristes nous troussent une histoire sur l'homme et son besoin de survie mais aussi l'homme et ses pulsions les plus sombres. On viole, on pille, on tue pour des broutilles : un peu d'essence, des maigres rations de vivres, un bout de rocher paumé au milieu du désert. Max n'est pas le vieux sage attendu, le leader d'une communauté qui va mener ces hommes vers un avenir meilleur. Il est, comme le souligne la voix off en introduction et le sous-titre du film lors de sa sortie aux USA (un ajout censé le différencier du premier volet, sortit en même temps là bas), le guerrier de la route, un conducteur hors pair qui n'a rien à perdre et qui prendra tous les risques pour les sauver. Les dialogues sont minimalistes, les personnages rapidement esquissés mais ce qui marque surtout, c'est encore une fois le savant découpage de Miller et son incroyable générosité dans les scènes d'action.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Le tournage se révélera assez calme au niveau des accidents (quelques blessés) malgré les cascades toutes plus ahurissantes les unes que les autres. On retrouve toujours ce traitement de la violence, exposée sans fard par un Miller qui connaît les dégâts de la vitesse suite à son internat durant ses années d'études de médecine. Dans la vie, l'homme se révèle d’ailleurs assez calme et posé mais il a déclaré que mes films d'action étaient ce qu'il préférait et que filmer ces accidents avait pour lui un effet cathartique. Il n'ira pas de main morte dans cette suite ultra-spectaculaire, réduisant en bouillie plus de 40 véhicules au cours du tournage (motos, voitures et même un camion citerne, une cascade tellement dangereuse que le cascadeur avait dû arrêter de manger de boire 12 heures avant le tournage afin d'être opérable immédiatement).

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

A ma première vision du film, ce qui m'a frappé, outre la sécheresse de la construction narrative, c'est d'abord et avant tout la façon de filmer les accidents et l'impression qui en ressort. La tôle est froissée, broyée, déchiquetée et l'impression de vitesse, parfois rendue de manière assez grossière avec des accélérés très voyants, est souvent palpable. Le rythme est soutenu et on assiste vraiment à un spectacle total, avec un final ahurissant de presque 15 minutes, une course-poursuite impressionnante et virtuose qui ne fait pas vraiment dans la dentelle. Le sang gicle, les corps souffrent, les visages sont déformés par la soif de violence et le spectateur reste cloué sur son fauteuil, happé par le show auquel il est convié.

La saga Mad Max, 2ème partie : Mad Max 2, le défi (1981)

Cette suite se révèle bien plus spectaculaire que son premier volet, bien plus maîtrisé techniquement et narrativement. Miller et son équipe réussissent leur pari et le film devient un véritable phénomène, entraînant dans son sillage tout un tas de copycats, de productions fauchées qui recopieront maladroitement les costumes et les tics de narration mais sans jamais parvenir à retrouver le même souffle et la même virtuosité. La carrière de Miller décollera dans la foulée, Steven Spielberg étant tellement impressionné qu'il viendra le chercher pour participer à son projet "La Quatrième dimension" en ajoutant un segment au projet, taillé sur mesure pour cet auteur à part. Quant à Max, il allait devoir reprendre la route et se rappeler à notre bon souvenir.

Note : 9/10

Budget : 4 500 000 AUD

BO Australie : 10 847 491 AUD

BO France : 3 625 481 spectateurs (8ème plus gros succès de l'année).

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