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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Résumé : Australie, quelques années dans le futur. La route est désormais devenu le moyen d'expression des plus grand dégénérés du pays et la police a toute les peines du monde à contenir ces chauffards qui foncent pied au plancher, n'hésitant pas à mettre en danger les civils. Max Rochatansky est intercepteur pour la police de la route et lors de l'une de ses poursuites, un de ces criminels qui se surnomme le Cavalier de la Route fini par trouver la mort. Du coup, certains de ses amis, des motards qui pillent, violent et terrorisent les petites villes, veulent se venger. C'est pourtant le policier, avec son coéquipier Jim, qui mettent la main sur un des leurs, Johnny. Arrêté pour le viol d'une jeune fille, ils pensent bien mettre un sérieux coup d'arrêt aux exactions de ces fous dangereux. C'était sans compter la défection de la victime qui aboutit à la libération de Johnny, à la grande fureur de Jim. Du coup, la bande de motards va se venger des policiers et ils commencent par s'en prendre à Jim, faisant basculer la conscience de Max, qui cherche à quitter ce travail pour se retrouver avec sa famille.

Critique : George Miller est un réalisateur australien qui est né dans le Queensland, un état du Nord-Est de l'Australie. Il a attrapé dès son plus jeune âge le virus du cinéma et cette passion dévorante le conduira à fréquenter avidement les matinées du samedi de son quartier (des projections de doubles programmes, essentiellement des séries B, ce qui développera son goût pour le cinéma d'action). Toutefois, le jeune George et son frère jumeau John se lanceront dans des études de médecine, à l'Université de Nouvelle Galles du Sud. Pendant cette période, il continue à fréquenter les salles de cinéma avec son frère (par contre, lui continue à réviser ses cours durant les séances) et il fait la rencontre de Byron Kennedy. Durant cette période, il réalise ses premiers courts-métrages puis quelques programmes pour la télévision. Si son frère finit par devenir un chirurgien confirmé, la carrière du jeune George à la télé ne lui permet pas de vivre et il travaille donc aux urgences de la ville de Melbourne. Il commence également à travailler sur le scénario de son film "Mad Max" dès 1975, en collaboration avec Byron Kennedy et les 2 hommes finissent par rassembler une somme de 60 000 $ pour le tournage. Miller veut parler du fléau de la vitesse qui se révèle meurtrier en Australie, les grandes routes désertes étant propices à ce genre de délire. Pour le réalisateur, la vitesse fait même partie de l'identité australienne et lui-même apprécie les films d'action en partie pour ça. Quand il lance la production, il lui faut encore trouver un acteur principal.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Le casting est donc lancé et le réalisateur ne trouve pas encore la perle rare pour jouer le rôle principal. C'est alors qu'un certain Mel Gibson débarque au casting en accompagnant un ami et le jeune acteur arbore alors un magnifique coquard à l’œil, conséquence d'une bagarre dans un bar (le 3ème sport national australien avec le football australien et le rugby à XIII) et Miller voit en lui son héros.

Peu avant le tournage, un accident viendra mettre en lumière la pertinence du sujet du film puisque l'actrice choisit pour le rôle de Jessie est victime d'un grave accident et elle doit être remplacée. Un autre accident hors tournage impliquera également un des cascadeurs du film et retardera un peu le tournage compliqué de "Mad Max", au budget étriqué, ce qui frustrera pour toujours Miller car les 12 semaines de tournage ne seront pas suffisantes pour mettre tout ce qu'il veut à l'écran.

Les voitures du film sont pour la plupart des anciennes voitures de police de la ville et les motos du gang de bikers sont des dons de la part de Kawasaki que la plupart des acteurs garderont d'ailleurs après le tournage. Evidemment, le budget costumes n'est pas très élevé non plus et c'est ainsi que seul le personnage de Jim Goose dispose d'un vrai blouson en cuir, les autres acteurs étant équipés de costumes fait en vinyle. Un certain dénuement que l'on retrouve dans les décors du film, peu chargés en détails, ce qui participe à l'ambiance du film.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Le film commence donc par une poursuite à grande vitesse qui démontre toute la virtuosité de Miller au montage. Son découpage va vite, très vite, et les valeurs de plans s'enchaînent à un rythme fou tandis que les acteurs donnent tout ce qu'ils ont. Le personnage de Max est introduit peu à peu puisque son visage n'est dévoilé qu'assez tard dans le film, quand il prend part à la poursuite. On remarque également que les accidents bénéficient d'un soin particulier et reste encore aujourd'hui assez marquant : la tôle est froissée au ralenti, les corps souffrent et les angles de prise de vue démultiplient le choc visuel. Ensuite, avec ses caméras placées au ras du sol, on voit la route qui défile avec une sensation de vitesse prégnante, intense et grisante.

L'autre scène de poursuite marquante du film, c'est celle entre Max et Tondeuse à la fin du film même si elle demeure assez courte. Son final est, par contre, un véritable modèle du genre et reste une véritable référence de la cascade automobile. L'expérience de Miller aux urgences de Melbourne fait que ce dernier représente ça d'une manière hyper réaliste mais aussi en insistant bien sur les dégâts de ces derniers sur les corps.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)
La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Mais le savant découpage de Miller ne transparaît pas que pendant les scènes d'action, il fait également preuve de maestria durant le reste du film. Parmi les scènes les plus marquantes, on retrouve aussi la séquence où Max vient voir son ami Goose à l'hôpital et le découvre derrière un drap, entièrement brûlé. Pourtant, nous ne verrons rien ou presque de Goose et Miller fait même appel à des éclairages qui rappellent le cinéma fantastique italien et un effet de montage figurant le malaise qui confine au génie.

Et puis, il est difficile pour moi de ne pas évoquer la séquence où Jessie et son fils sont renversés par les motos des bikers puisqu'il s'agit de l'un de mes premiers souvenirs de cinéma. J'ai en effet vu ce film très jeune (vers 9 ans je crois) et depuis toujours, j'ai cette image qui me reste en tête, celle du bras de Jessie qui s'écroule sur la route après le passage des motos. Et pourtant, j'ai depuis revu ce film au moins 3 fois à l'âge adulte et même si je sais pertinemment que le bras ne sera jamais dans le cadre, mon souvenir à ce sujet reste très précis. C'est toute la puissance d'évocation du découpage qui se mêle à l'inconscient du spectateur que se retrouve ici, le montage suggérant bien plus qu'il ne montre (le film sera pourtant sanctionné un peu partout dans le monde d'une sévère restriction pour les jeunes spectateurs et certains plans seront même censurés) et le découpage de Miller pratique l'ellipse à foison, certaines actions n'étant pas représentés dans leur intégralité mais plutôt dans leur mouvement. C'est là la plus grande force du film, c'est de là qu'il tire son essence et c'est là où Miller se révèle le plus génial et avant-gardiste, cette impression étant renforcée par la musique de Brian May, alternant le classique avec une musique plus électronique, parfois atonale, pour un rendu saisissant et étrange.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Si visuellement le film est brillant, le scénario pêche par contre par son côté presque amateur. En effet, il pose assez mal son contexte, la psychologie des personnages se révèlent assez sommaires (même si ça participe à son efficacité et qu'on a guère besoin de plus) et surtout les péripéties s'enchaînent bien trop rapidement, certaines séquences n'existant que pour justifier une action future et on a presque l'impression que certaines ont été écrites sur le tournage à la va-vite. Si le tout est assez fluide, cela donne au film un coté presque trop simpliste et nuit un peu à sa longévité. D'un point de vue narratif, Miller et son équipe feront de gros progrès avec les volets suivants, déterminant dès le début leur angle d'approche et l'expérience aidant, ils iront vers quelque chose de plus maîtrisé.

De base, Miller voulait faire un film d'action et en choisissant un format large, il en a fait un western, influence qu'il revendique clairement. Son cadre étiré met parfaitement en valeur les paysages à l'arrière-plan, avec cette ligne d'horizon très proche des acteurs et que l'on devine pourtant très lointaine. Certains plans sont des hommages à peine masqués à ce mythe, comme lors de l'arrivée des bikers dans la petite ville, chacun garant son engin devant le "saloon" et formant une ligne légèrement incurvée. Et bien sûr, cela frappe mon imaginaire au vu de ma fascination pour le genre. D'ailleurs, Miller déclare que son héros est perçu différemment suivant les pays, devenant un rônin au Japon ou bien un Viking dans les pays nordiques. Le film ne se classe pas forcément dans le genre post-apocalyptique malgré des décors dénudés et une ambiance adéquate et surtout, il tire aussi vers le revenge movie pur et dur (surtout dur) et il bénéficie bien sûr de l'excellente composition de Mel Gibson, pourtant débutant à l'époque. Le reste du casting est également assez convaincant, même si les acteurs jouant les bikers verse plus dans le grand guignol et l'outrance du jeu. Une certaine représentation de la folie et de la sauvagerie qui atténue un peu la portée de certaines scènes.

La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)
La saga Mad Max, 1ère partie : Mad Max (1979)

Malgré son petit budget, le rendu visuel du film traverse le temps et les époques avec un égal bonheur et constitue encore aujourd'hui un choc visuel absolument incroyable. Sa grande violence l'empêchera de connaître une exploitation internationale de qualité même si le film sera un gros succès en Australie et qu'il redonnera un nouvel élan à la production locale avec l'éclosion d'autres talents comme celui de Peter Weir. A noter que le film remportera 3 prix à l'Australian Film Institute, équivalent des Oscars là-bas, mais dans des catégories mineures (musique, son et montage) malgré des nominations pour meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur dans un 2nd rôle et meilleur réalisateur.

Le film aura surtout droit à un gros coup de projecteur grâce au festival du film fantastique d'Avoriaz où il remportera le prix spécial du jury. A l'époque, le film de genre n'était pas ce grand paria qu'il est aujourd'hui et sa popularité naissante allait modifier en profondeur la production mondiale. La suite du film y participera grandement.

Note : 8/10

Budget : 400 000 AUD

BO Australie : 5 355 490 AUD

BO France : 2 549 462 spectateurs (13ème plus gros succès de l'année)

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