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This is my movies

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Critiques de films, dossiers, box-office.

La clinique de l'amour (2012) d'Artus de Penguern

La clinique de l'amour (2012) d'Artus de Penguern

Résumé : la clinique Marshal fait la fierté de son fondateur, David Marshal. Il est également le père de John et Michael Marshal. Et si John est sérieux, Michael au contraire est plus intéressé par la plastique des infirmières et par l'argent facile que la pratique de la médecine. John de son côté, a un coup de cœur pour Priscilla, nouvelle assistante au bloc et il décide un jour de lui déclarer sa flamme. Hélas, peu de temps après, Michael la drague et l'épouse dans la foulée. Déprimé, John part pour le Canada. Michael prend alors possession de la clinique de son père et décide de faire de la chirurgie plastique. Ses débuts sont désastreux et après avoir défiguré la femme du maire, la clinique tombe en faillite. Strok, le dirigeant des laboratoires Medibiotex, veut alors s'emparer de la clinique de son vieil ennemi et convainc Michael de la lui céder. C'est alors que David a une attaque, précipitant le retour de John. Ce dernier est bien décider à se battre pour empêcher la clinique de tomber entre de mauvaises mains.

Critique : j'aime beaucoup le style de cinéma d'Artus de Penguern qui dénote clairement dans le paysage cinématographique français. Avec son 1er film en 2001, le très culte "Grégoire Moulin contre l'humanité", il imposait directement sa patte, mélange de burlesque, de délires cartoonesques et de profonde candeur, en reprenant le pitch de "After hours" de Martin Scorsese mais en mixant différents univers et différents tons, notamment avec une narration empruntée à Jean-Pierre Jeunet, qui venait de le diriger dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain". Mais le film sera bien évidemment un échec et l'acteur dût donc multiplier les petits rôles avant de se voir à nouveau octroyer un nouveau budget pour ce qui restera comme son 2nd film. Pourtant, malgré toute la sympathie pour le personnage et toute la bonne volonté du monde, j'ai du mal à avoir apprécier outre mesures "La clinique de l'amour".

Pourtant, je dois dire que dès le début, j'ai beaucoup accroché. Le rythme est bon, les gags fusent, les personnages sont vite installés et l'efficacité narrative du réalisateur fait plaisir à voir. Rien à voir avec une comédie française lambda, tout rappelle ici le cinéma américain. L'image est belle, les cadres sont agréables et les références fusent comme ces hommages à peine voilés à Charlie Chaplin, aussi bien via le gag du personnage qui rentre dans la cabane au Canada ou celui de la cruche, tout deux tirés de "La ruée vers l'or". Les acteurs jouent aussi très bien, même si certains frôlent le cabotinage avec un jeu un peu trop outré mais c'est l'univers du film qui veut ça. Pendant les trois premiers quart d'heure, je me suis franchement régalé et je dois dire que si toutes les comédies françaises étaient aussi bien écrites, aussi bien pensées et aussi intègres dans leurs démarches, j'en verrais plus souvent. Hélas, le film arrive aussi à toucher ses limites de plein fouet et la fin s'avère presque pénible.

La clinique de l'amour (2012) d'Artus de Penguern

Comme pour son 1er film, de Penguern n'arrive pas à tenir la distance et il s’essouffle avant l'heure. Il faut dire que son scénario, aussi honnête et drôle soit-il, multiplie trop de rebondissements et d'intrigues qu'il n'arrive pas à toutes les justifier et les tenir d'un bout à l'autre. Certains ressorts sont également trop répétitifs (notamment le personnage de Samantha qui multiplie les stratagèmes pour parvenir à ses fins) tandis que le rythme trépidant finit par jouer contre lui. Pourtant, ça ne manque ni d'idées ni de bon sens comique mais il s'empêtre dans trop de sous-intrigues, trop d'errements et trop de ficelles pour pouvoir tenir. Dieu sait pourtant que j'ai bien rit devant certains gags, que certaines trouvailles sont juste géniales, que certains plans sont d'une poésie assez touchante ou bien que la philosophie prônée par le film est louable mais voilà, le trop est parfois l'ennemi du bien. Le burlesque se mêle au non-sens, les références sont parfois un peu maladroites et certains gags sont un peu trop tirés par les cheveux et le final s'enferme dans une suite de rebondissements digne du plus mauvais des soap opera, ce qui a pour effet de nous lasser plutôt que de nous émouvoir ou nous faire rire. Visuellement, c'est par contre très beau, avec des plans vraiment bien trouvés qui rendent là aussi un bel hommage à un paquet de réalisateurs et je dois dire que j'ai vraiment apprécié le film de ce point de vue.

La clinique de l'amour (2012) d'Artus de Penguern

Artus de Penguern n'est pas un acteur hors norme et il devait être assez limité par son air lunaire, touchant mais un peu trop redondant, et son rôle apparaît comme trop peu exploité mais heureusement, il est bien épaulé. Bruno Salomone compose un petit frère tête à claques qui multiplie les mauvais choix avec un bonheur non feint et sort une de ses meilleures prestation au cinéma. Les rôles féminins sont également assez intéressants, que ce soit celui de Natacha Lindinger, épatante en femme arriviste et manipulatrice, ou bien celui de Anne Deptrini, excellente en femme fort en gueule qui distribue les coups de poing comme d'autres les câlins sans parler des 2nds rôles, qui sont joués par des acteurs que l'on voit trop peu souvent. Comme un décalque de de Penguern, Helena Noguerra, dans le rôle de la charmante Priscilla, est un peu plus fade et effacée, elle aussi terriblement limitée. Pourtant, l'actrice ne manque ni de fraîcheur, ni de talent et son charme pétillant apporte à certaines scènes une douceur bienvenue.

Bien évidemment, le film sera un échec colossal à sa sortie, son ton et sa forme dénotant trop avec le reste de la production hexagonale. C'est d'autant plus dramatique que le talent de de Penguern ne sera désormais plus visible au cinéma car l'acteur-réalisateur-scénariste décédera l'année suivante à seulement 56 ans.

Note : 6/10

Budget : 4 500 000 €

BO France : 62 112 spectateurs (268ème plus gros succès de l'année)

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